En ce début de XXe siècle, les écluses de Carrières ont tout juste une
vingtaine d'années. Le trafic y est intense, entre le port de Rouen et Paris,
mais aussi vers l'Oise et les canaux du Nord. À cette époque, toutes les
manœuvres se font à la main : ouverture et fermeture des portes et des vannes.
Il faut également amarrer et désamarrer les remorqueurs et les péniches,
entretenir le matériel, enregistrer tous les passages… Une activité incessante
qui ne s'arrête que quelques rares jours dans l'année, et en période de crue
car à ce moment le passage sous les vieux ponts de pierre, comme celui de
Poissy, devient impossible.
La maison des éclusiers héberge donc plusieurs familles, un petit atelier
où travaille un forgeron pour effectuer les réparations courantes, et un
télégraphe (que les Carriérois pouvaient d'ailleurs utiliser pour envoyer des
messages urgents vers des destinations lointaines).
Le dimanche, les écluses sont un lieu de promenade très prisé des
habitants de Carrières et des environs…
On y vient en famille voir écluser les trains de bateaux.
Aujourd'hui, le calme est revenu… Depuis 1977, plus aucun bateau n'a
franchi les écluses centenaires, et les portes ont été démontées en 2004. Une
abondante végétation a envahi les berges en aval du canal… Mais si vous allez
vous promener dans ce haut lieu de l'histoire carriéroise, ne manquez pas
d'observer sur les quais les traces laissées par les câbles d'amarrage qui ont
usé la pierre durant presque un siècle. Approchez-vous du perron de la maison
des éclusiers : vous y verrez une échelle graduée avec l'indication du niveau
des crues de 1910 et 1945. Fermez les yeux, et avec un peu d'imagination,
peut-être entendrez-vous la sirène d'un remorqueur annonçant son arrivée !
Philippe HONORÉ
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La maison des éclusiers au début du XXe siècle. | La maison des éclusiers en 2009. |
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CSPH - Carrières-sous-Poissy HISTOIRE - 2016